Ma Loère!...
J’atteins le bout du chemin :
- Ma Loère !
Les mots de mon enfance ont jailli ! Ils sont revenus spontanément. Pourtant, c’était il y a…Oh ! oui, c’est loin !
L’éventail de roches et de sable a été emporté : la Loire roule toujours son courant puissant. Mais elle a fait, de la rive dentelée, savoureuse au regard, protectrice des vieilles plates des pêcheurs amoureux de leur Fleuve, un bord rectiligne et banal. Son cours est devenu un écoulement sale, une sorte d’huile qui va se vidanger dans l’Océan…Et même si mes écrevisses étaient encore là, je ne les distinguerais plus dans l’eau trouble.
Un autre bateau , de métal, celui-là, et avec un moteur, un bateau couleur de sable sale, assorti aux couleurs de ce qu’on appelle encore « eau », est amarré à l’endroit où mon père ancrait autrefois sa barque de bois, toute façonnée de ses mains, goudronnée et repeinte sur ses bordures et sur ses ponts, chaque année, repeinte des couleurs qu’aimaient les pêcheurs : du rouge, du vert, du bleu…des couleurs de la vie, de l’amour de la Loire, de ses beautés, de ses habitants, de leur pêche et de ses saveurs !
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