Bretagne...
En Bretagne...(n°1)
De ce lieu édénique, un vaste panorama s’offrait à nos yeux dans les lumières vives de ce bel après-midi de septembre: à droite, la petite ville touristique que fréquentaient des stars du cinéma, de la télévision, de la chanson…Puis, au centre, la ville, le port de pêche, le fort à la Vauban . Et, à gauche, l’entrée du port, et le grand large…Tout à gauche, des pins, le sable de l’anse et les rochers d’une autre pointe…
(…)
Le soleil couchant se colorait de tons orangés et parait de touches de couleurs estompées le vaste panorama qui s’offrait à nos yeux . A droite, la petite ville touristique avait pris sa tenue du soir : les villas, les hôtels, s’étaient teintés d’un bleu en camaïeu atténué par les dernières lueurs du soleil qui descendait vers son lit de mer ; leurs éclairages paraissaient encore faibles, et des pans de murs, en haut des bâtiments, étaient teintés d’ocre. Puis, au centre, la ville éclairée de néons, le port de pêche, aux lampadaires orangés, le fort à la Vauban, illuminé de projecteurs . A gauche, l’entrée du havre et ses phares, le grand large où tombaient, en éventail, les taches orange du soleil couchant…Tout à gauche, les pins n’étaient déjà plus que des ombres, le sable de l’anse devenait pâle tache blanchâtre, les rochers d’une autre pointe n’étaient plus que masses noires dentelées sur fond de ciel bleu de nuit…
J’ai défait le premier bouton, qui bouclait le décolleté. Elle a défait le second. J’ai défait le troisième… Ma main tremblait, la sienne était ferme. La robe a fini par s’ouvrir. Je l’ai déployée sur la couverture, en éventail.
J’ai pris d’une main, dans son dos, sa chevelure ; je l’ai déposée, puis je l’ai étalée, en soleil, autour de son visage, comme une auréole.
Un grignotement au-dessus de nos têtes , des restes de pommes de pin qui tombent : dans les branches, là-haut, un écureuil roux pique-nique à son tour, assuré de ne pas être dérangé…
A nos pieds, la mer joue ses bruits de vagues… Et le temps coule, et la mer monte .
Mais le soleil descend sur l’horizon.
Une chouette a modulé son premier ululement :
- Hou ! Hou ! Hou ! Houou !
- Hou ! Hou ! hou ! Houou !
- Hou ! Hou ! Hou ! Houou !
- Hou ! Hou ! hou ! Houou !
Ce n’était pas un chant sinistre…C’était plutôt un chant de sagesse, comme un encouragement :
- Vous avez tout ! Tous les atouts ! Vous jouez tout ! Donnez-vous tout !... La nuit à vous, le ciel à vous, la mer qui joue : donnez-vous tout !...