Un petit tour dans le désert ?...
Un petit tour dans le désert ?...
Le désert, c'est comme la vie : on y fait parfois des rencontres, ratées ou réussies : ce sont vraiment les hasards de la vie.
Mais peut-on croire au hasard ?
On voit parfois l’action venir de l’horizon.
Un personnage apparaît au loin dans le désert. Il semble une silhouette floue, enveloppée d’une sorte de drap léger qui flotte au rythme de sa marche. Mais il ne marche pas, c’est presque comme s’il planait dans une aura de brume légère, comme un halo.
On entend, on croit entendre le chant qu’il fredonne.
On n’entend pas : on devine le crissement de ses pas dans le sable des dunes.
Il vient lentement, c’est comme un ralenti , sa marche semble toute lente et difficile ou alors… il vole lentement.
Et on marche vers lui, de nos pas lourds, ensablés sans cesse, et on s’approche, et nos efforts nous semblent laborieux mais insuffisants …
Il vient. On va enfin le distinguer, lui parler, le connaître. Il arrive. Il chante, un chant dont le rythme, les sonorités présentent toutes les formes d’un chant religieux.
Nous avons entonné un chant, nous aussi… Mais notre chant est lié à notre terre, comme englué dans le sable de ce désert. Nos pas sont lourds. Et nous progressons quand même.
Nous sommes tout proches, nos chants se mêlent, se mélangent, mais ce n’est pas une cacophonie. C’est plutôt un chœur chanté par deux mondes, une sorte de symphonie étrange, que domine sa voix qui couvre toutes les autres. Sa voix qui couvre tout par son étendue, son ampleur, son timbre… Nous ne voyons que sa barbe noire et son crâne rasé et luisant . Et derrière lui, nous n’avions pas deviné le chœur des femmes qui le suivaient….
Il est à notre hauteur. Il marche. Nous marchons. Une rencontre manquée : il suit sa route, et nous suivons la nôtre. Et les chants s’éloignent, et s’éteignent dans le désert…