Enseignement: parlons-en!...

Publié le par Robinson

Pour cette fois, je parlerai de souvenirs...
Demain, ce sera autre chose...

Juin est revenu, comme il revient chaque année : chaque année différent… Enfin, différent pour tous, pas forcément pour le prof de français-histoire-géographie-droit du travail- et de la Sécurité Sociale…en Lycée Professionnel…
Depuis le 15 Mai, je suis convoqué aux quatre coins du département pour des épreuves orales à faire passer, pour des copies à corriger, pour des commissions de barème… Convoqué un jour à cinquante kilomètres pour corriger des copies pendant trente minutes ! Convoqué un autre jour, avec un copain, pour corriger quatre cent quatre-vingt-dix-neuf copies de droit du travail ! Oui, nous étions bien deux, et deux seulement !...
Au total, cette année-là, je reçus vingt neuf convocations étalées sur  un mois et demi. Que d’honneurs ! Je me serais contenté de la moitié…
Et pendant ce temps-là ?
Pendant ce temps-là, les élèves étaient privés de cours ! Enfin, certains trouvaient la situation plutôt confortable : pas de prof, à nous la liberté dans les journées de soleil !
D’autres, par contre, s’inquiétaient de la fin des programmes !
Et les Parents râlaient !
Et les médias raillaient !
Et les jours s’écoulaient !
R.T.L. le disait !

Un jour, fatigué d’entendre critiquer l’absentéisme des profs au retour des beaux jours, j’appelai R.T.L., pour expliquer les raisons de l’absentéisme des enseignants au début des beaux jours… On ne me donna point la parole à antenne…
Et mes jeunes, dans cette désorganisation du système ? Ils furent prévenus : j’allais être présent pendant deux ou trois jours. Beaucoup ne vinrent pas .
Mes filles étaient là… en majorité. Mais il me manquait deux heures pour boucler le programme ! Je leur proposai de venir le lendemain, de neuf heures à onze heures. Et le lendemain, 18 étaient présentes : inespéré, étonnant ! Il faut croire que tout le monde avait la volonté de réussir cette dernière séance : en une heure trente, ce fut fait : les questions posées par les jeunes avaient reçu des réponses…
Le soulagement du travail accompli : chacun rangeait ses affaires, les filles comme le prof… Mais personne ne semblait pressé de partir . Puis une se dirigea vers moi, suivie de toutes les autres : je fus bien entouré !
-M’sieur, on voudrait vous offrir un petit cadeau…

Confiance établie entre un prof et ses jeunes... (à suivre...)

Si on voulait écouter les enseignants, une fois vraiment, même une fois seulement!...
...et les parents...et les jeunes!...

Publicité

Publié dans Mes écrits

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
B
Ben moi je t'écoute ... Bisous mon Robinson...
Répondre
R
...un métier difficile...mais j'ai une chance inouîe en fin de carrière!Et j'ai terminé heureux d'avoir fait ce que j'avais fait!
Répondre
R
<br /> un mot oublié : j'ai eu une chance...<br /> <br /> <br />
I
ce doit être parfois difficile en même temps de très beaux moments , non ?
Répondre
A
Bonjour Robinson, tu prêches une convertie...j'ai commencé ma carrière dans l'enseignement (français,anglais je le dis tout bas pour les"Lettres"...tant j'ai oublié...)et l'enseignant surtout n'est pas assez écouté, Respecté,valorisé dans son métier-au pilori trop souvent...
Répondre
R
<br /> En fait, mes premiers cours, je les ai donnés à 19 ans: remplacements de profs d'anglais...<br /> J'étais Maître d'internat, je redoublais ma terminale Maths...et je donnais des cours d'anglais...et à leur retour, les profs étaient surpris du résultat!<br /> Et je ne voulais pas être enseignant!... Ca c'est une autre histoire<br /> Quant à la vie des enseignants, je vais expliquer mon avis...<br /> <br /> <br />