Une eau si limpide...
Une eau si limpide !...
...il faut que je dise ! Il faut que j’écrive ! Il faut que quelqu’un fasse quelque chose pour retrouver la limpidité de l’Eau d’autrefois !
Un souvenir me revient…
J’avais trente ans, alors. J’avais acheté un bateau de pêche, une belle barque que je bichonnais, comme mon père l’avait fait autrefois, avec moi…
J’avais une licence de pêche aux engins, sur le même fleuve, mais sur la rive opposée. De mon secteur, je ne voyais pas les lieux fréquentés par mon père quand j’étais enfant : des îles nous en séparaient…
Mais, seul rameur sur ma barque, je souffrais des mêmes violences du courant, des mêmes tourbillons, des mêmes culs-de-grève…
Les culs de grève : c’était peut-être le pire danger pour tous les baigneurs de Loire, timides ou téméraires.
Un copain y avait laissé sa vie, en voulant sauver celle d’un imprudent…
On marche sur une plage, de l’eau jusqu’aux genoux. C’est agréable quand il fait chaud : la chaleur du soleil et la fraîcheur de l’eau.
Je ramais donc, traversant un bras de Loire.Soudain, un choc, et mon bateau bloqué : j’étais échoué sur un cul-de-grève. Descendre du bateau
pour le soulager, le soulever. Mais descendre du bon côté, côté grève. Ne pas lâcher le bateau. Dans les efforts que je fais, le bracelet de ma montre se casse, la montre tombe à l’eau. Perdue ? Oui, si elle disparaît dans le sable, ou si elle part du côté où le sable n’est plus là, remplacé par une sorte de falaise molle : le « cul-de-grève » !
Mais je la distingue nettement dans l’eau pure, qui descend, décrivant comme des zigzag…
Je plonge ma main dans l’eau… Ne pas lâcher le bateau !...
Ma main s’ouvre et je vois la montre se poser dedans…
L’eau était si limpide !...