P'tits pésans d'il y a pas longtemps !

Publié le par Robinson


                            P'tits pésans d'naguère...

Attention: il n'y a aucune connotation péjorative
dans cette expression! J'ai vécu mon enfance dans ce monde, et j'aime ce monde si...simple, si direct, si...nature!


C'était il y a une vingtaine d'années...J'étais
membre du CCAS de ma commune. En octobre, au moment du repas des anciens, nous portions

un colis chez les personnes qui n'avaient pas pu se déplacer...
Cette année-là, on m'avait désigné pour rendre
visite à un couple que je connaissais...un peu. Elle venait au village en vélo, lui, le plus souvent, il y venait avec sa petite charrette tirée par un cheval tranquille...
On m'avait dit: "Tu verras quelle estime ils te
portent: s'ils ne t'aiment pas, elle te servira un verre de piquette; s'ils t'aiment, tu auras droit à un vin devant lequel tu te mettras à genoux!"
La maison tombait en ruines. Une pièce
principale, au sol de terre battue. Un lit, une grande armoire, une grande table, des bancs...et une cheminée. Dans la cheminée, une grande marmite sur un feu de bûches. Et  cette marmite exhalait un parfum enivrant de civet de lapin.
Ils me proposèrent de m'asseoir et de partager
leur repas (mais Bigornette m'attendait!)...
"On a fait un pâté de lapin, et avec les restes, un
civet" me dit la femme.
Je me serais volontiers laissé tenter!
Elle sortit un verre pour moi. Il me servit un 
vin rouge...Je me suis mis à genoux...
Merci à vous qui étiez un peu de mes ancêtres!

Paix à votre âme aujourd'hui. La vie vous en a fait baver, mais vous étiez si simples, si naturels,  et si simplement bons...
Un jour, mon vieux bonhomme, nous nous
rencontrâmes sur la place du village...Une fillette de Cabernet au bistrot...Tu m'expliquas:
"C'est une année à doriphores... L'aut'jour, j'en ai
tué 2 000...Ben oui, j'en mettais 20 dans ma main, j'les écrasais, et j'mettais un caillou sur un tas...A la fin, y'avait 100 cailloux..."
C'est pas toi, vieux bonhomme, qui a pollué la
nature par les persticides!
Et, tous les deux, vieux, vous viviez d'une vache,
d'une chèvre, et de votre jardin ! Vous n'aviez rien, mais vous donniez tant: que de paniers de légumes nous avez-vous donnés! Nous avions un peu honte d'accepter, mais vous étiez si heureux de donner!

 
Paysans d'Anjou...

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Publié dans Mes écrits

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B
C'était un temps comme on en fait plus, le temps du partage et de l'estime, de l'accueil dans un sourire et du pain partagé, naturellement ! pour l'avoir vécu enfant, il me semble parfois que j'ai cent ans ,tant l'abîme avec aujourd'hui, me semble grand ! il fait si bon se souvenir et espérer, encore.... en demain belle soirée à toi
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R
<br /> Je crois bien que j'écris pour transmettre cette mémoire à mes enfants (mais ça, c'est fait en grande partie, mais ils gardent une trop grande distance avec les autres...peut-être parce que<br /> nous avons été trop proches des autres, et pas assez d'eux!) et à mes petits-enfants: je pense que c'est à moi de le faire... Je suis "l'ancêtre" dans ma famille!...Il me reste une soeur, mais elle<br /> va si mal en ce moment!...J'espère ne pas rester le dernier!...<br /> Belle soirée Balaline!<br /> <br /> <br />
O
Simplicité, humilité, générosité... Une règle de trois qu'il faudrait savoir utiliser plus souvent sans doute.
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R
<br /> J'admire ta formule, Oxygène! Simplicité, humilité, générosité...j'inscris ces trois mots en lettres d'or dans ma mémoire!...<br /> <br /> <br />
B
ah ça je me souviens bien... incroyable cette ferme à l'époque, je suis restée bouche-bée... je me souviens des murs noirs de fumée...et de la marmitte dans la cheminée avec les chataignes... nostalgie oui, mais je n'aurai pas pu vivre dans cette maison... la gazinière ne servait que de coffre fort...les billets dans le four... hihi... bisous...
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R
<br /> En raison de mes origines, peut-être bien que j'aurais pu y vivre ! Et si notre maison était plus grande, et avec une cheminée...je crois que je ferais de la cuisine dans une marmite, sur<br /> un feu de bois! bisous...et à plus tard!<br /> <br /> <br />
N
C'est un beau souvenir. En lisant les textes sur les autres blogs, je me réconcilie avec l'humanité, je vois qu'il existe encore de nombreuses personnes qui savent "donner". Et, cela fait du bien.Merci pour ce partage.
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R
<br /> C'est un beau souvenir pour moi...D'autant plus que la population de notre village augmente, et trop vite... de 600 à 900 en quelques années!... Les services publics sont débordés...Je suis, à<br /> 67 ans, dans les 30 ou 40 plus vieux...Il y a quelques autres personnes, dont certaines sont diparues aujourd'hui, à qui je voudrais rendre hommage...Ca viendra...Mais si ça peut te réconcilier<br /> avec l'humanité, j'ai d'autres témoignages à te raconter...Des gens qui savent donner, chacun à sa façon!<br /> A bientôt, Nicole!...<br /> <br /> <br />
J
C'est très semblable à la vie de ma grand mère au fin fond du Morbihan, elle venait à la maison l'hiver pour avoir un peu de confort, mon père allant la chercher. Il n'y avait pas l'eau, juste une cheminée dans la "grand pièce" où se trouvait son lit, j'ai encore le "charnier" grand pot en terre dans lequel était conservéé la viande.
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R
<br /> Dans le Morbihan, j'ai connu aussi des maisons de ce genre...Une était habitée par "un gars du bâtiment"...Il aurait pu faire un sol, de béton, au moins...Non, je crois que sa femme et lui, (la<br /> quarantaine) étaient bien dans ce milieu traditionnel...C'était à la fin des années 50...et ils étaient d'une gentillesse!...<br /> <br /> <br />