Pour changer d'air...
Missions aériennes : toujours dangereuses !
Je n’entrerai pas ici dans le récit de combats aériens… Je veux juste vous narrer quelques frayeurs que j’ai connues : il n’y aura pas de grands faits héroïques…Je ne fus pas un héros !
La nuit approchait. Les avions, dont beaucoup n’étaient pas équipés pour le vol de nuit, se hâtaient vers le terrain. Celui-ci, en fait, était une prairie…Pas de radio, rien : il fallait ouvrir l’œil ! Il fallait même avoir des yeux partout !
Nous allions nous poser, mission accomplie…Les roues s’approchaient du sol…Soudain, un grand bruit : les deux vieux moteurs qui donnent toute leur puissance !... Il faut renoncer à atterrir, remettre les gaz…Les moteurs souffrent, l’avion hésite…puis il remonte, laborieusement…
Dans la carlingue du vieux Dakota, nous n’en menons pas large…et nous ne savons rien…L’appareil ayant repris un peu de hauteur, nous avons vu par les hublots : un autre appareil atterrissait … il avait coupé la piste devant nous !...
Un autre soir… Nous rentrions de mission, après avoir largué les paras… Dans la cabine du NordAtlas, nous étions quatre : le pilote, le
copilote, le mécanicien…j’étais au poste de navigateur…Soudain, un bruit, comme un sifflement…et tous les regards qui se dirigent vers la droite…vers le moteur …Je devine puis je vois: le moteur est arrêté, hélice en croix…
Le mécanicien se penche sur le tableau de bord, il s’active… Puis il se retourne vers moi…Sur sa poitrine, les décorations sont nombreuses : il a fait deux guerres…Il se penche vers moi : il est blanc, il sue à grosses gouttes !
- Attache ta ceinture, on se pose !
Je regarde sous l’avion… C’est le bocage : de petits champs, des haies, de grands arbres…Pas de terrain en vue ! Aussi loin que je puisse voir, c’est le même décor… On va se crasher : l’avion perd de l’altitude…
Devant l’avion qui vole de moins en moins vite, un rideau de peupliers, des maisons. Dans un dernier effort, l’appareil se hisse un peu, franchit
les obstacles…et devant nous… la piste !
Le pilote pose les roues de l’appareil…qui roule quelques mètres, cinquante peut être, puis le second moteur s’arrête, et l’avion termine sa
course sur sa vitesse acquise…
Sains et saufs ! Ouf !...
Et j’ai d’autres souvenirs de missions aériennes : toutes, en elles-mêmes, s’étaient bien passées !...
C’est pratiquement toujours au retour que…