Les quatre saisons en vrac dans mon jardin...
Aux quatre saisons…
Ami(e) qui viens me voir,
Entre sans frapper :
Le portail a été supprimé,
En attendant d’être déplacé,
Peut-être même pas remplacé :
De toi je ne veux pas me couper !
Ami(e) qui viens me voir,
Veux-tu ton moteur arrêter ?
Du parfum de l’aubépine il faut profiter !
Vois les boutons du magnolia te faire un pied de nez !
Non, ne blêmis pas, ni ne rougis devant le pieris :
Au camélia même il ternit le teint,
Et les jonquilles à ses pieds souffrent de son dédain !
Ami(e) qui viens me voir,
Arrête-toi devant le petit conifère :
Lézards verts il expose l’été, et l’hiver, roitelets…
Cueille en passant quelque framboise !
Ami(e) qui viens me voir,
Tu me pardonnes la longueur du chemin ?
Mais la porte est là : frappe…
Si les hôtes ne répondent, poursuis ton chemin …
Fais une pause sous le catalpa ou sous les sapins,
Vois les acanthes, leurs grandes feuilles, et leurs hampes
Qui portent leurs fleurs à un mètre cinquante .
Mais quoi ? Un parfum titille ton nez ?
Fais quelques pas, et vois la haie de lilas :
C’est de là que vient ton émoi !
Couleurs, senteur, c’est joie !
Ami(e) qui viens me voir,
Regarde sur ta droite le sous-bois,
Pénètre dans ce havre de fraîcheur !
Vois églantines, et roses dans leur blancheur !
Mais si tu veux me voir, viens,
Poursuis le chemin …
Je ne suis pas dans la véranda ?
Mais il est là le strélitzia :
De ses couleurs régale-toi !
Ami(e) qui viens me voir,
Continue ton chemin :
Passe sous le prunier
Et vois ses grandes fleurs violettes,
Clématites égarées dans la ramée…
Tu peux aussi cueillir une prune,
Ou une mûre à quelques pas,
Une fraise, pourquoi pas ?
Ou bien des framboises, là.
Vois l’allée de bambous, dortoir des oiseaux…
Ami(e) qui viens me voir,
Franchis la pergola,
Et d’autres fruits, en voilà !
Framboises, mûres, pêches, pommes…
Mais avance-toi, et cueille une cerise !
Et vois devant toi une haie :
Ce n’est pas une clôture,
C’est un lieu d’aventures !
Derrière les forsythias, les cotoneasters, les mahonias,
Sous le prunier sauvage et le saule pleureur,
Se cache une oasis de fraîcheur !
Ami(e) qui viens me voir :
C’est mon salon d’été .
Assieds-toi sur le canapé…
Veux-tu prendre un thé ?
Une bière, un jus de fruit ?
Peut-être un goûter ?
Sors vers le sud, de ce côté :
Va cueillir dans le pêcher,
Ou dans le cerisier, ou dans le poirier…
Si tu préfères, il y a le noyer..
Oh ! mais…j’ai un doute :
Tu te croyais au paradis terrestre
Et c’est la pomme que tu voulais croquer !
Il te faudra faire quelques pas de plus
Mais la pomme est là, rouge et bien charnue !
Et en mon absence continue!...