Enseignement: les inspections ...
Enseignement : inspections…(1)
Mes six premières années…
Mon premier cours : j’arrive au rendez-vous avec le Chef d’Etablissement (« le directeur », à l’époque), à l’heure (10 H 45)…J’ai été nommé « maître d’internat », mais le monsieur m’annonce qu’il n’a plus de poste de M.I., mais que, par contre, il lui manque un prof de français-histoire-géo… J’étais « bon » dans ces matières, et chômeur…J’accepte le fou défi !
Je lui demande à quelle date je commence…Réponse : « Mais, à 11 h….. »
C’est comme ça que je suis entré dans un métier que je ne voulais pas exercer !...
Je devins donc maître auxiliaire, et mon seul bac de maths ne me permettait pas de me présenter au concours d’entrée à l’E.N.N.A en vue d’une titularisation …Suivre des cours en fac ? Je me suis inscrit, les deux premières années : j’ai pu assister, en deux ans à …un cours ! Quand on enseigne 27 heures par semaine, loin de la fac, ce n’est pas confortable !
Mon contrat, pendant 6 ans : nommé fin août au mieux, « à titre précaire, révocable à tout moment »…pas confortable !
…et je démarre… L’aide d’un prof chevronné me mettra plus à l’aise pour les cours suivants !
Et nous nous retrouvons trois, dans la même situation ! Une chance : nous sommes capables de nous serrer les coudes. Le midi, après le repas à la cantine, nous nous retrouvons pour préparer des cours . Et nous nous rendons visite entre nous en classe…Ca s’appelle se former sur le tas !
Et vient l’inspecteur !
J’enseignais dans un C.E.T. où il y avait un atelier de mécanique auto…L’inspecteur amenait sa voiture pour une réparation : c’était bien pour les jeunes, ils faisaient un vrai travail de mécaniciens !
Et l’inspecteur, en attendant, nous inspectait…chaque année ! Mais chaque inspection avait du positif : il nous montrait nos lacunes, nos erreurs…mais il nous donnait des conseils utiles *, personnalisés, et … collectifs, au moment de l’excellent repas qu’on prenait ensemble le midi, un repas souvent long, accompagné de bons vins. Le chef cuisinier était un vrai chef !
Et nos notes d’inspection montaient (avant le repas!)…
Ce n’était pas le cas pour tous les collègues ! Un jour, un inspecteur de maths déclara un copain inapte au métier d’enseignant…Ce copain enseignait depuis 25 ans !...Il en avait fallu du temps à l’inspecteur pour découvrir cette inaptitude !!! Et le copain avait cinq enfants ! Mais la couleur de sa peau ne joua-t-elle pas un rôle ?
Un p’tit gag ?...
Après mon premier cours, j’avais envie de pisser : naturel, non ? Pas un prof en vue…Pas question de demander « où ? » aux élèves !...Je repère un petit bâtiment qui pouvait ressembler à…ça ! J’entre : des « cabines », sans cloisons…des W.C. à la turque…à droite comme à gauche, à la place de chaque « trou », un monticule. Il fallait que je pisse ! Je l’ai fait…beurk !
On m’apprit ensuite que ce bâtiment était appelé « Chicago », et que, pour beaucoup, la vidange des vessies se faisait…dans la nature !...Mais on disposait d’un parc de 17 hectares…
C’était fin 1963…En 1969, quand je me suis marié, j'ai invité cet inspecteur au vin d'honneur: il vint, et ne me reprocha pas d'avoir triché en me déclarant "professeur de lettres" alors que je n'étais qu'un "auxiliaire" bon marché! Quelques mois plus tard, il me fit une autre surprise...
Puis je pus passer un concours : pas question de le rater !...reçu au 5ème rang sur 500...
Et les choses changèrent : titulaire, j’osai tout !...Il y aura une suite...si ça intéresse: L'inspection entre 1970 et 2000...et aujourd'hui, si des enseignants d'aujourd'hui s'expriment.
* Une fois, il s'est trompé, en me disant: "Laissez tomber, les problèmes de cet élève ne relèvent pas de votre compétence!" La suite prouva le contraire!