Connaissez-vous le goût de la macre ?
La macre, ou châtaigne d’eau…
Un souvenir, un plaisir !
Connaissez-vous la macre ou châtaigne d’eau ?...Quand j’étais enfant…à cinq ou six ans, je m’en régalais !
Le dimanche, par beau temps, nous partions à pied, en famille : papa, maman et le p’tit dernier (c’était moi)…Nous avions quelques kilomètres à parcourir, d’Avrillé à l’étang de Saint Nicolas, ou à la Mayenne, au Port de l’Ile. Nous partions pour la journée, mais nous étions peu chargés. Les cannes , rudimentaires à l’époque (en bambou), le sac de matériel de pêche, des vers de terre, des petits et des gros. Du pain, de l’huile, du sel, des allumettes et…une poêle…
Le repas ? Il était assuré par les poissons.
Au Port de l’Ile, mon père louait un bateau…Nous nous installions pas très loin du bord, et au travail : il fallait gagner sa nourriture !
La première fois qu’il me confia une ligne, il ne pêcha guère : il accrochait les vers à mon hameçon et décrochait mes poissons : à midi, j’avais pêché le repas !
Quelques pierres en guise de foyer, des brindilles et des branches, une allumette craquée, la poêle sur le feu, l’huile, la friture…
Mon père pêchait quand même : ses trois lignes étaient tendues…et il trichait un petit peu : il ajoutait une ou deux cordées sur le côté du bateau…oh ! ce n’est pas beau de braconner !
Mais le soir, quand on rentrait, il y avait toujours brochets, anguilles, perches, brèmes…
Et il y avait aussi des macres ou châtaignes d’eau. Je ne sais pas si on en trouve encore aujourd’hui. Il s’agissait du fruit d’une plante aquatique annuelle, flottante ou aux racines fixées dans la vase. Cette plante produit un fruit qui tombe au fond de la rivière quand il est mûr, et donne naissance à une nouvelle plante.
Nous en récoltions beaucoup, ma mère les faisait cuire comme des châtaignes…et cela avait goût de châtaignes : je m’en régalais !
C’était en 1946-47 : on ne connaissait pas la pollution !