Le Pic de Nonette
Le Pic de Nonette
(écrit sur des souvenirs vieux de plus de 40 ans !
des vers libres, tout à fait libres !)
Petite crête mignonnette :
A ses pieds Orsonnette
Qui domine une cuvette
De blés, en été blondinette…
Dans le village, une épicerie
Quand on achète j’en ris
Une voix de l’étage dit :
Est-ce elle ? est-ce lui ?
« Compte cent sous ! »
Ajoute vingt centimes à l’addition !
Près du village quelques habitations…
Un couple : lui forgeron…
Tous deux souvent se querellent :
« T’es plus con qu’la lune est vieille ! »
En bas de la colline
Des fours à chaux en ruine
Des dizaines de pigeons
Y dorment en rond…
Avec mon frère nous usons
D’une ficelle de braconnier :
Un lumignon , comme un fanion,
Efficace sur les pigeons
Qui tombent dans nos girons…
Raisonnables, nous n’en cueillons
Que deux ou trois pour réveillon…
…et les escargots, et les champignons !...
Je me souviens d’un gros orage .
C’était un samedi soir,
La pluie tomba avec rage :
Toute la nuit elle dévala sauvage !
Tous les hommes étaient là, au matin,
Les pelles, les pioches à la main…
Un petit déjeuner rabelaisien !
Sa part apporta chacun:
Du jambon, des fromages, du vin
Des œufs, du café, du pain…
Il fallait des forces pour la tâche attaquer:
Déboucher les fossés, la chaussée nettoyer …
Ce jour-là j’ai entendu un parler auvergnat…
J’ai oublié les mots, les sons…
J’ai gardé en souvenir l’ardeur, la gaieté,
… La solidarité !…