Loire...égout !
Loire: égout !
Autrefois: (1949)
"L’éventail de rocs et de sable qui termine le chemin a disparu sous les eaux. Tout l’été, c’est, sur ma droite, une avancée de blocs, gros et petits, qui forment une sorte de bassin naturel : c’est le lieu de mon braconnage. Sur ma gauche, c’est une sorte de plage de sable doux sous les pieds nus. C’est là que, l’été, mon père, mon frère aîné et moi, nous faisons notre toilette : savon et serviettes posés sur le bateau de mon père, nous nous savonnons – en slip – et nous nous rinçons en nous coulant dans l’eau claire de la Loire…
(...)
Il y a, entre Elle et moi, un lien particulier, comme une communion: elle est ma maîtresse, elle me domine; elle est vivante, elle est forte, elle est riche, elle est féconde, elle est pleine de santé, elle est éternelle.
Moi, je suis, chétif, fragile, malade : une sorte de survivant . J’ai vaincu la tuberculose !
Mais je la connais, ma Loère. Elle aussi, me connaît sans doute: chaque jour, quand ses eaux sont plus calmes, je m'en approche par le même chemin, je soulève doucement un caillou, je repère deux antennes qui frémissent au courant, je saisis vivement entre le pouce et l'index le thorax d'une écrevisse. Il ne faut pas se faire pincer !
Rares sont les fois où je rentre bredouille: la Loire n'en finit pas de les renouveler! Elle m'est généreuse...."
A suivre: Plus tard...