Il était une fois une petite fille...

Publié le par Robinson

Il était une fois une petite fille…

A neuf mois et une semaine, elle marchait…elle courait même ! Et quand elle fonçait vers la table, on avait peur ! Mais non : elle passait … sous la table.

Le langage tarda à venir . Quand il vint, ce fut avec d’énormes défauts de prononciation. Aux feux de circulation, ça donnait :

« beu, on pâte ! 

Vè, on t’aête ! » , etc.

A deux ans et demi, elle récitait en entier « le corbeau et le renard »… Et ça donnait :

« Maîte tobeau tu un abe pété

Tenait dans ton bet’ un tomag’ »…etc.

Elle arriva à 4 ans, avec un vocabulaire riche, mais toujours ces défauts !

Un lundi matin, sa maman la conduisit à l’école…avec les mêmes problèmes.

Le lundi midi, sa maman alla la chercher à l’école…et tout le long du chemin, la petite répéta :

« carotte, crevette, carotte, crevette… »

Effacés tous les défauts de prononciation !  Une orthophoniste efficace était passée par là !...

Plus tard, la gosse était en C.E. 1 ; elle avait deux instits à mi-temps…Le matin, elle faisait des bêtises, et l’après-midi, elle les recommençait… Ex . : quand un travail devait être effectué en 30 minutes, elle avait fini au bout de 15, elle se promenait dans la classe et semait le désordre !  (une classe de 33 C.E.1)

Puis la famille vint s’installer dans un petit village de campagne, et l’enfant entra à l’école après les vacances de Pâques… L’instit avait les enfants du C.E.1 au C.M.2…Il demanda à voir ses cahiers, puis il dit :

« Elle a un niveau supérieur à mes C.E.1, je vais la mettre en C.E.2…on verra bien ! »

Et la gamine, rusée, joua le « M’sieur, j’sais pas faire ça ! »

Et l’instit lui répondait à chaque fois : « Mais si, je suis sûr que tu vas réussir ! Et puis, si tu n’as pas fini, tu auras toute la récréation ! »

A l’heure de la récré, le travail était fait…et bien !

Si elle était restée dans des classes surchargées, elle serait devenue une élève insupportable !...et c’est toute sa vie qui en aurait été changée !...

Note : j’emploie toujours le mot « instit » alors que je devrais parler de « Professeur (e)s  des Ecoles »… Les instits ont bien mérité ce titre ! Ce sont eux qui sont à la base non seulement de l’instruction, mais aussi de l’éducation, dans un monde où beaucoup ont abandonné leurs  rôles (Etat, Parents…)

Dans mon langage, le mot instit comporte respect, estime, admiration, avec en plus, une part d’affection : Chapeau, les instits pour la mission que vous accomplissez !

 

 

 

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Publié dans Mes écrits

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J
<br /> je prend un peu de temps pour remonter le temps chez toi. Beau texte. Tout ceci est connu de bien des "instituteurs" et pourtant on continue à faire tout le contraire. Pourquoi ? Quant aux<br /> prof..... tu n'y es pas, on ne connait plus que les PE . Le beau nom d'instituteur aurait-il été choisi en référence à<br /> l'Essai de Montaigne que Lagarde et Michard avait intitulé "De l'institution", reprenant un nom de ce texte ?<br /> Tous les enfants ne sont pas à éduquer de la même manière et sans revenir à la classe unique, les multiniveaux avaient leurs vertus.<br /> <br /> <br />
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R
<br /> Pour moi, le mot "instit", c'est comme le mot "prof"...<br /> Avec une différence: l'instit était souvent "LA" personnalité du village...<br /> A l'époque où je travaillais avec un groupe de collègues de plusieurs établissements sur un projet d'éducation à l'orientation, je cherchais un mot pour remplacer "enseignant", "prof", "formateur",<br /> etc; Je n'ai pas trouvé! Mon idée était que celui qui enseigne, en fait, "ACCOMPAGNE" le jeune: il n'a pas à le "formater" au sens informatique...<br /> Il est bien certain que chaque être que l'on a devant soi est différent des autres, et nécessiterait une prise en charge plus personnalisée: impossible avec les effectifs!...<br /> <br /> <br />
P
<br /> c'est bien les classes de la campagne à plusieurs niveaux! je n'ai pas connu pour moi, mais pour mes fistons j'ai trouvé ça super, les professeurs des écoles sont proches de leurs élèves, le<br /> résultat s'en ressent, ils étaient très bons élèves en primaire, puis la chute à partir de la sixième !! merci pour ce joli récit d'espoir pour les enfants en difficultés<br /> <br /> <br /> <br />
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R
<br /> Enfant, j'ai connu les classes à plusieurs niveaux, et mes enfants aussi, et j'ai trouvé ça positif pour tout le monde!...Mon premier petit-fils a connu une classe maternelle-CP, et il a profité de<br /> ce que les plus grands apprenaient: il vient de sauter une classe...<br /> Mes publications et visites vont peut-être ralentir un peu...Bigornette vient d'afficher "pause"...Là, on est un peu débordés...Les problèmes de santé de ma soeur sont venus s'ajouter, on lui a<br /> consacré notre après-midi...Et pour couronner le tout: voiture en panne...<br /> Bises, Pascale! (moi je vais continuer mon blog, mais uniquement le soir)<br /> <br /> <br />
O
<br /> Tu sais que tu prêches une convaincue lorsque tu parles des problèmes dus aux effectifs surchargés Robinson. On ne peut pas obtenir de bons résultats dans des classes de 30 ou plus. Les enfants en<br /> difficultés s'y trouvent perdus et n'ont pas l'aide à laquelle ils auraient droit et dont ils ont besoin. Quant aux "bons", ils finissent par s'ennuyer et peuvent devenir de vraies pestes si on ne<br /> s'occupe pas d'eux car ils ont, eux aussi, besoin d'attentions.<br /> Quant à l'appellation "instit" ou "professeur des écoles", je préfère "instit". Je trouve que le mot est plus simple, plus vrai, plus proche des enfants. J'ai fini "professeur des écoles" mais je<br /> me rappelle surtout que j'étais avant tout instit.<br /> <br /> <br />
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R
<br /> Et l'instit, c'était une "personnalité", un "notable" qu'on saluait, qu'on respectait...<br /> Quant aux gosses on les sacrifie en les parquant dans ces classes surchargées!<br /> Je connais un p'tit môme que les instits viennent de faire passer de petite/moyenne section en grande section . Je crois qu'il a sauté une classe moyenne section. Il a changé d'école à la rentrée,<br /> et son instit, en juin avait dit aux parents de prévenir: "attention il risque de s'ennuyer!"... Elle avait 20élèves dans sa classe, donc, elle pouvait connaître chacun!<br /> <br /> <br />
L
<br /> C'est un exemple qui fait réfléchir ... Difficile d'en tirer des conclusions pour d'autres, mais c'est vrai que les classes sont trop chargées. Nous ne le dirons jamais assez. Chaque enfant a<br /> besoin d'attentions particulières et les enseignants sont bien limités lorsqu'ils ont trente et une personnalités différentes à aider à se construire. Brr ! Quand on y pense, c'est de la folie. A<br /> plus Robinson.<br /> <br /> <br />
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R
<br /> On a dû se croiser en chemin, avec chacun son troupeau: j'étais chez toi!!<br /> C'est sûr que la vie de ma fille a complètement changé avec son arrivée ici: si on était resté avec ces classes surchargées, c'était la dérive...<br /> Et l'instit qui avait une classe à 4 niveaux (CE/CM) mais avec une vingtaine de gosses pouvait se pencher sur le cas de chacun des êtres humains qu'il avait devant lui: il les connaissait bien!<br /> A plus, Lily!<br /> <br /> <br />
B
<br /> <br /> Une petite fille que j'ai l'impression de bien connaitre...Nous avons les mêmes relations.. c'est vrai... hihi... bisous...<br /> <br /> <br /> <br />
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R
<br /> Ah! tu la connais ??? quel hasard!  Et aujourd'hui non seulement elle parle bien le français, mais aussi l'italien (avec un accent de là-bas!) et l'anglais, et son allemand se retrouverait<br /> vite!...bisous...<br /> <br /> <br />